Alors que les destinations de rêve foisonnent pour 2024, le célèbre guide de voyages Fodor’s prend le contre-pied en publiant sa « No List », un top 10 des endroits où éviter de mettre les pieds l’année prochaine. En cause : les effets du tourisme de masse, des dégâts environnementaux aux pressions sur les ressources locales. Voici les lieux que Fodor’s conseille d’éviter, et pourquoi.
Un appel à limiter le tourisme de masse pour 2024
La liste « No List » de Fodor’s n’est pas une interdiction de visiter ces sites emblématiques, mais plutôt un appel aux voyageurs à reconsidérer leur impact en repensant leurs destinations. Le tourisme, bien qu’il dynamise les économies locales, a aussi des effets dévastateurs sur certains des plus beaux endroits de la planète, de la pollution à la destruction des habitats naturels. Fodor’s explique que les voyages représentent environ 8 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, avec une hausse attendue dans les années à venir.
Le surtourisme est en effet une des causes majeures de l’érosion des écosystèmes, avec des millions de visiteurs annuels dans certaines régions. De nombreux sites mentionnés par Fodor’s sont déjà sous pression pour limiter l’impact des visiteurs. Ils sont classés en trois catégories dans cette « No List » : les sites naturels qui nécessitent une pause, les sites culturels saturés et les zones en crise hydrique.
Les 10 destinations à éviter en 2024 selon Fodor’s
1. Étretat, France
Les célèbres falaises d’Étretat attirent chaque année des foules de touristes, près de trois fois plus que le nombre d’habitants locaux. Cette affluence contribue à l’érosion des falaises et à une pollution qui menace la faune et la flore. Pour les amoureux de paysages côtiers, explorer des alternatives moins connues en Normandie est une option à envisager pour protéger ce site.
2. Le Parc national des Calanques, France
Situé près de Marseille, ce parc naturel d’une beauté saisissante a vu son accès restreint en été pour limiter le nombre de visiteurs quotidiens. Avec un quota et une réservation obligatoire, les Calanques espèrent réduire leur surcharge touristique et préserver leur écosystème fragile. Le respect de ces nouvelles règles est essentiel pour continuer à profiter de ces paysages exceptionnels sans en altérer la biodiversité.
3. Le lac Tahoe, États-Unis
Le lac Tahoe souffre de la circulation intense qui entoure ses rives, contribuant à la pollution de l’air et à l’émission de particules fines. Celles-ci altèrent la qualité et la couleur de l’eau du lac, autrefois d’un bleu profond. Les initiatives locales encouragent les visiteurs à opter pour des transports plus écologiques et à réduire leur impact sur cet environnement unique.

4. L’Antarctique
Bien que seulement 100 000 visiteurs s’y rendent chaque année, l’empreinte carbone de leurs voyages est lourde, entre les avions et les navires qui traversent la région. Ces moyens de transport libèrent du carbone noir, accélérant la fonte des glaces. L’Antarctique reste un lieu d’exception mais Fodor’s recommande de préserver cette terre encore sauvage en limitant les visites et en favorisant des expéditions moins polluantes.
5. Venise, Italie
Ville emblématique en Italie, Venise subit depuis des années les effets du tourisme de masse, avec des millions de visiteurs chaque année. Les autorités locales instaurent régulièrement des mesures restrictives pour contrôler le flux des touristes. La célèbre « Sérénissime » est particulièrement vulnérable, et réduire les visites en faveur d’autres destinations italiennes pourrait permettre une meilleure préservation de son patrimoine.
6. La côte amalfitaine, Italie
Ce joyau italien est particulièrement populaire pour sa beauté naturelle et ses charmants villages perchés, mais cette affluence massive cause des problèmes de surpeuplement et d’épuisement des ressources. Fodor’s recommande d’opter pour des alternatives moins fréquentées dans la région ou de visiter hors saison afin de réduire la pression touristique sur ce site déjà saturé.

7. Les Cornouailles, Angleterre
Réputées pour leurs vagues parfaites et leurs paysages côtiers, les Cornouailles voient chaque été un afflux important de surfeurs et de vacanciers. Cette région doit faire face aux problématiques de gestion des déchets et de préservation de son environnement marin, qui se détériore avec la surfréquentation. Explorer d’autres sites de surf moins connus au Royaume-Uni peut être une solution pour désengorger les Cornouailles.
8. Amsterdam, Pays-Bas
Avec ses canaux emblématiques et son atmosphère vibrante, Amsterdam est une ville victime de son succès. Le nombre élevé de visiteurs met une pression énorme sur les infrastructures locales, et les autorités néerlandaises cherchent activement des moyens de limiter cette surcharge. Fodor’s recommande de reconsidérer les visites à Amsterdam et de découvrir d’autres villes hollandaises moins fréquentées, mais tout aussi charmantes.
9. La Thaïlande
En Thaïlande, les plages paradisiaques et la faune marine sont mises en péril par l’afflux de touristes. Le pays a déjà fermé certaines îles pour permettre à la nature de se régénérer. Les touristes sont encouragés à choisir des sites moins impactés ou à visiter durant la basse saison pour minimiser l’empreinte écologique de leurs voyages.
10. L’île de Maui, Hawaï
En proie à une crise de l’eau, Maui souffre aussi d’une surcharge touristique. La forte demande des touristes pour les ressources locales, notamment en eau potable, met en péril l’équilibre fragile de l’île. Pour ceux qui désirent découvrir Hawaï, il est possible d’envisager des destinations moins touchées par la crise hydrique ou de privilégier des pratiques de tourisme responsable sur place.

Quand tourisme rime avec responsabilité environnementale
Le message de Fodor’s est clair : la préservation des ressources et la limitation du tourisme de masse doivent guider les voyageurs dans le choix de leurs destinations. Pour visiter durablement et réduire son empreinte écologique, il est possible de :
- Choisir des périodes de basse saison pour éviter le surtourisme.
- Privilégier les transports écologiques pour réduire les émissions.
- Soutenir les initiatives locales en faveur de la protection de l’environnement.
Bien plus qu’une liste de lieux à éviter, le guide Fodor’s invite les voyageurs à prendre conscience de l’impact de leurs déplacements. Ces sites emblématiques pourraient rester des lieux de rêve en prenant des mesures pour en limiter les effets dévastateurs du tourisme de masse.









